confession intime

Avant, j’avais un travail prenant et un très bon salaire que je m’empressais de dépenser en riant aux éclats, je fumais et buvais comme Patsy Stone, dedans, dehors, même le soir au lit devant la télévision ( car j’avais à l’époque une énorme télé cathodique postée devant mon lit ), je m’offrais des week-end « gros craquages » casino, resto, Riviera, blablabla, et accessoirement j’avais des lunettes.

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Mais ça, c’était avant.

Aujourd’hui, par choix, j’ai nettement plus de temps ( même si en fait, on en a jamais assez ) et je gagne beaucoup moins par la force des choses, il m’a donc fallut ( apprendre à ) faire des économies, je ne fume plus, ni dedans, ni dehors, parfois encore un peu dans mes rêves, la nuit, avec un sentiment de culpabilité, je m’offre sur les chèques de noël des week-ends  » gros crevages » petit coin tranquille, gentil hôtel, rosé bien frais et ballades culturelles , accessoirement, je porte des lentilles. ( la découverte des doigts toujours mystérieusement gras de l’enfant sur les verres a fini de me convaincre )

Écrit comme ça, j’ai presque envie de pleurer, mais on va dire que c’est les hormones. ( passons ).

Lorsque petit garçon est entré dans nos vies, on a tout acheté, tout pensé, comme des bons perdreaux de l’année.

On a prit le babycook ( qui n’a jamais servi ) le stérilisateur ( qui n’a servi qu’une fois ) le chauffe biberon ( il a toujours bu à température ambiante ) le porte bébé banane qui te dure 1 mois ( qui n’a jamais servi ) 15 bonnets de naissance ( jamais à la bonne taille ) des doudous ( il n’a jamais compris le concept même du doudou ) et autres peluches ultra chouchous ( il n’a jamais saisi le concept de la peluche ) on a acheté deux tables à langer ( oui, oui, une pour chaque étage de la maison ) un sac à langer à 100 balles ( 100 balles ! ) et tout un tas d’objets divers restés au fond des cartons, la notice bien pliée dedans.

le seul truc auquel on avait pas pensé parce qu’on avait dit  » ha ça ( chez ) nous ?! jamais! » c’était la tétine, et la tétine, la première nuit à la maternité, on a presque voulu lécher de dévotion les Crocs de l’infirmière de garde qui vers 4h nous a fabriqué une tétine bricolo-bricolette ( une tétine de biberon bouchée avec des compresses stériles ) le lendemain à l’ouverture des pharmacies, le papa était en train d’en acheter une caisse, de tétine. ( que finalement, petit garçon a laché très vite, alors hein, bon hein )

Après, il y a eu la nourriture spéciale bébé, ( les premiers mois je dis pas, mais nous, on a fait durer le plaisir jusqu’à ses 2 ans et demi ) les fringues à la mode qui coutent une blinde mais qui pètent à la première génuflexion devant le premier camion de pompier qui passe et tout un tas de lingettes pétrochimiques, de produits de soin etc etc.

Depuis, on s’est sacrement calmé, limite si le deuxième va pas se sentir pouilleux par rapport à son ainé. ( la lutte fratricide commence : maintenant ! )

J’y pense souvent en ce moment parce que petit garçon deux arrivera bientôt, mais c’est comme ça pour tout.

J’étais une dingue des produits de beauté qui coutent un rein. du coup, je menais une lutte constante contre mes boutons tantôt acnéiques tantôt points noirs et ma peau pourrie que chaque produit nouveau promettait d’éradiquer sur le champs, bien entendu.

Bizarrement, depuis que j’ai arrêté de dilapider mon compte en marques richirickiprout prout ( parce que petit 1 : je n’ai pas le temps, petit 2 : je n’ai plus les sous ) j’ai la peau douce et abricoté d’un bébé ( l’arrêt de la cigarette a du également aider même si au début, cela a provoqué un cataclysme cutané )

. de l’eau, du savon, du micellaire, du bio et voilà. Mes cheveux décrassés des shampoings tous plus gluants les uns que les autres respirent aussi beaucoup mieux depuis.

L’alimentaire également, en quelques années a fait un virage à 180 degrés.

On mangeait de la viande rouge deux fois par jours, beaucoup de plat préparés, de produits raffinés, de kebabs aussi les journées de travail surchargées. On a même fait le pari de ne boire plus exclusivement que du champagne durant un an . ( et le champagne c’est comme tout, on s’en lasse ma pauvre dame )

On a découvert les produits locaux ( s’installer à la campagne, ça aide ), qu’il y avait une saison pour les fruits et légumes mais aussi pour les poissons par exemple, qu’il existait des protéines végétales, on a presque découvert qu’on avait une cuisine et les sandwichs ont fini maison ( on a découvert le frigo un peu désertique certaines fins de mois, aussi )

On est pas devenu des extrémistes du bio, du végétarisme, ou autre clan super clean super vert, on mange encore parfois des bonbons chimiques, du chocolat palmé, des brioches bourrées d’additifs, on prend la voiture ( déménagement et campagne oblige ) et lorsque les mois sont plus ric rac, on se retourne vers les légumes et fruits traités ( moins cher, la réalité étant ce qu’elle est ) on achète encore des jouets en plastiques qui s’éclatent au premier choc et dont les bouts les plus intelligents filent sous le canapé pour éviter le coup cruel de l’aspirateur qui aspire tout.

Mais tout de même, nous sommes devenus disons de manière générale, un minimum plus réfléchis, à la recherche d’un certain apaisement. Surtout moins tournés vers le superflu, ou vers ce qui te fera croire que si tu possèdes certaines choses, le monde dans lequel tu vis sera meilleur pour toi, les gens meilleurs avec toi. que cela te préservera de je ne sais toujours pas trop quoi.

Durant ma vie d’avant, il y avait dans mon entourage une femme qui m’électrisait l’épiderme . Le genre de personne dont ne je savais trop dire pourquoi mais dont la simple vue, la moindre écoute pouvait me mettre les nerfs à vif. ( qui plus est, elle était adorable )

Aujourd’hui, je sais. Parce qu’elle était dans le mouvement dans lequel je suis aujourd’hui. Et qu’alors, elle me renvoyait probablement à mon mal être dont j’ignorais tout.

Hier, je m’éclatais très sérieusement, frénétiquement. Je crachais un peu à la gueule du monde. J’étais riche, j’étais ( plâtrée ) belle, j’avais un boulot chronophage, j’avais pas que ça à foutre. Et J’avais je pense bien intégré que la crise d’ado se termine à 30. Et je n’en avais pas encore 30.

Et puis j’ai eu un bébé. Et il a bien fallut comprendre que ce n’était finalement pas moi que je lui aurai donné en exemple si nous nous étions rencontrés dans la rue. Celle qui enfume tout le monde à la terrasse des cafés, qui claque un salaire en fringue, en alcool, et qui n’a globalement aucune notion de l’argent, aucune notion de l’humain.

Ce n’était pas la personne que j’avais envie qu’il ait envie de devenir. Les valeurs que je voulais lui inculquer.

Alors, oui, il a fallu virer de bord. Parce que finalement, la personne que j’étais avant, ne me plaisait pas plus que ça. Les idéaux que je prônais à tout va ne collaient pas du tout avec ce que je représentais vraiment : une ( gentille ) petite conne . ( si si un peu quand même ).

Il n’y a pas eu évidement que l’arrivée de petit garçon, il y a eu tout un cheminement, la vie qui avance avec son lot de gros nuages noirs, qui vous oblige à revoir certaines convictions. Mais, l’exemple, avant, oui, je n’avais pas conscience que je pouvais en être responsable. Donner l’exemple. Faire ce que l’on dit. Plus difficile que l’on croit.

Et oui, il m’arrive encore certains soirs d’avoir envie de pleurer pour une clope en terrasse, ou une virée cheveux aux vents,liberté chérie et adieu homme et enfants salut bain bouillonnant et chers amants, ou pouvoir me permettre une bonne cuite festive sans penser que demain, 7h, il y aura ( donc ) un enfant qui réclamera son petit déjeuner.

Je ne suis pas dans la quête de la mère parfaite, mais il me semble que si je peux influer sur certaines choses, il faut que je le fasse.

Et je me dis aussi que quand je serais vieille, j’aurai bien le droit à ma petite clope sur le perron en regardant le coucher du soleil, à ma virée Riviera ( offerte par mes enfants ) ou à faire un peu n’importe quoi parfois.

Parce que mon job sera fait. Et qu’après, ce que je ferai ne regardera plus que moi.
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Il se peut aussi que dans cinq ans je change d avis et plaque tout pour retrouver ma vie d’avant …. ( que voulez vous souvent femme varie ma pauvre dame ! ) ( mais quand même non )

photo provenant de :  http://www.gayblock.com/

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l’art délicat de la communication

L’inertie que nous subissons familialement  de manière obligée ( pour l’instant ) éveille en notre doux foyer certaines tensions presque aussi électriques que les orages cosmiques.

Alors certes, il fait moins chaud depuis quelques jours, presque, il pleut même, de temps en temps. Et le soleil se lève plus tard, et la nuit arrive plus tôt.

Phénomène cyclique qui nous signale que de l’été, bientôt, il ne restera plus que le trognon, et que donc, bientôt aussi, nous ne serons plus les seuls à devoir faire le deuil.

Ceci dit, en attendant ce jour délicieux où nous pleurerons tous en  cœurs, le fait de rester au même endroit durant encore deux mois rogne sur notre moral et sur l’entente cordiale qui d’habitude, entre deux engueulades salvatrices, règne dans notre chaleureux logis.

Qui y met le plus d’entrain, je ne saurai le dire.

Moi, peut être, qui ne supporte plus de ne plus pouvoir rien faire alors que, dans l’idée, il y a à peine 5 mois, le concept m’aurait paru révolutionnaire.

De regarder le tapis se couvrir de miettes de chips, de grains riz ( ? ) de mouches archi decedées ( ?? ) et autres joyeusetés sans pouvoir y mettre fin moi même par un énergique coup d’aspirateur me titille le nerf de l’agacement.

De ne pas pouvoir bondir de mon canapé en frappant dans les main pour proclamer que vu l’état de nerf du petit garçon il est temps de se barrer vissa hors les murs pour aller courir dans les champs ou sauter dans une rivière ou glisser sur un toboggan ou aller visiter un chateau ou, ou.. n’importe quoi qui le rende quelques heures plus tard lessivé mais heureux.

De ne pas pouvoir prendre la voiture, de ne pas pouvoir ne serait ce que faire les courses dans un supermarché me manque cruellement ! ( c’est dire )

De ne pas pouvoir dire très fort que maintenant ça va aller comme ça hein le peintre en bâtiment qui devait nous refaire 3 chambres en 4 jours mais si vous verrez c’est facile et qui y est depuis 2 semaines à coup de 2 heures par ci et trois écaillages imprévus par là, il va rentrer chez lui se reposer et moi je vais le prendre ce pu…ain de pinceau pour nous la passer cette couche abricot sur le mur de la chambre du bébé qui va peut être finir par se pointer là tout de suite maintenant si ça finit par aller bien hein ! hein ! hein !

Parce que, voilà, il y a cette obligation physique à devoir rester faire du gras ( ha bien oui quand même ) dans un périmètre restreint, mais, bien évidement, s’y ajoute une petite difficulté : celle de se la fermer au maximum face à celui qui partage ma vie.

Parce que le monsieur lui, il trouve que la situation est déjà assez stressante comme ça, mais en plus, il est obligé de tout faire à la maison, sans compter la cuisine, et que la ( jolie ) baleine échouée sur le canapé, elle est bien sympa à dire  » faudrait faire ci, faudrait faire ça, là » et  » là, vraiment ce tapis… » et  » et y a pas de légume avec ? » et  » une petite promenade peut etre, pour le petit ? … » et  » bordel mais t’as vu ça s’écaille ! il a peint hier et ça s’écaille ! » et  » j’en ai marrre » et  » j’en peux puuu » et  » ha, une contraction ! » ça va DEUX SECONDES MERCI !

Qu’il a déjà son boulot, ses vacances foirées, sa famille de dingue à gérer. ( et que oui,  il a recommencé à fumer et alors il a plus 12 ans ! )

Voilà. On la sent bien là, la tension ? Celle qui fait qu’au moindre mot de travers , à la moindre remarque un peu sèche, au moindre silence qui dure un peu trop longtemps, ça pète un coup. ( mais de mon côté ça pisse pas moins vu l’état compressée de ma vessie )

Bref. Qui de nous deux, mystère. Il reste la rentrée scolaire de petit garçon ( qui de son côté fait son max pour être le petit garçon le plus cool de la planète ) ( ce que je sens venir nous allons payer cher à la naissance de petit frère, je dis ça, je dis rien ), l’organisation à revoir et à prévoir ( les trajets voitures, avec le boulot de monsieur, hm hm, ) 3 chambres à peindre, une cheminée et une salle de bain à refaire.

Il reste donc un peu plus de deux mois. Si tout va bien. Et des nuits les yeux grands ouverts, avec la célèbre goutte de Mère l’Angoisse qui perle sur mon front.

Celle qui fait qu’entre 4 et 6 heures du matin, on pourrait croire au scenario de l’apocalypse familiale, et aller faire une prière à lourdes sortie des eaux. ( si seulement on pouvait prendre la voiture …. )

Août 1er

D’un été nomade, nous passons à un ‘été sédentarisé par obligation obstétrique.

D’un été prévu glacial et pluvieux, nous passons à un été caniculaire et sans nuage.

D’un été découverte idéalisée du monde pour enfant de 3 ans, nous passons à un été maison occupations à deux balles pour un enfant de 3 ans.

D’un été tourbillon de travaux nous luttons plus que prévu pour que cela reste un été tourbillon de travaux.

Alors bon.

Tout ça n’était pas prévu et les nouvelles extérieures sont parfois piquantes à apprendre.

Les autres sont partis, les autres boivent des coups, les autres font des fêtes, les autres écrivent des cartes postales en short avec vue sur un port étranger, les autres sur une autre planète.

Apprendre à faire le deuil des moments rêvés, la brise dans les trous de nez, les embruns, les parfums

Accepter de passer un été à sécher sur le fil d’une corde à linge en plastique bicolore. Pour le fun, y poser un filtre instagram.

Se répéter que ce n’est pas si grave, qu’à 3 ans, on aura bien d’autres occasions de découvrir les ailleurs. D’en garder même des souvenirs.

Parce qu’après tout, de l’été de mes 3 ans, je n’ai quant à moi aucun souvenir. Finalement.

Se répéter qu’il vaut mieux ça que de passer son été à tenir le doigt d’un mini nain enfermé dans une boite à préma. la trouille au ventre. L’insupportable bruit des machines.

Mieux que de rester au lit couchée dans une chambre d’hôpital avec pour unique horizon les programmes tv de l’été et le diner à 18h.

Mieux de le vivre où nous vivons que dans une ville sans charme sous 40° et bonjour l’isolation, et l’espace qu’il y a sur le balcon.

Un été pas prévu. Un joli été quand même. Si on enlève la culpabilité. Si on fait bouillir son cerveau pour trouver de quoi rendre la vie moins ordinaire.

Si on trouve qu’il ne reste qu’un peu moins de 3 mois finalement. Allez.

Allez, allez, allez.

En attendant, on congèle la menthe pour la ressortir au fond du rude hiver, histoire de se payer quelques bons mojitos bien mérités lorsque les enfants dormiront comme des anges à peine 20 h sonné. ( ha ha, on peut toujours continuer à enfiler de futures perles de déceptions en or massif comme on confectionne un beau collier de nouilles barilla semi complètes, ça occupe )

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l’hiver sans arme

L’hiver, son froid, sa pluie, sa neige, ses feuilles mortes, ses sans abris, morts aussi, ses marronniers d’actualité, ses secours populaires et restau du cœur, la liste des cadeaux de noël, l’achat des cadeaux de noël, le décompte des sous à la fin de noël, et ceux qui n’auront pas eu, de vrai noël.

La fin du monde aussi. Ha. Bon, oui, aussi. Si ça se trouve alors, tout ça n’aura pas lieu, on restera aux portes. Comme des glands. Un peu surpris du coup, quand même.

Mais, si, et si, parce que bon, si, jamais. On sait pas. Si jamais, l’hiver passe, comme les autres, pour nous donner envie encore, d’autre chose. C’est l’essentiel ça. Envie de chaleur, envie de couleur, envie de faire des bébés à son voisin de palier, de partager les uns et les autres avec les autres et les uns, de découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles frontières, et de nouvelles avancées, doivent elles celles ci passer par la douleur d’un deuil. Alors bon, l’hiver est là oui, pardon.

Les rouages de mon cul où l’art d’appuyer sur étoile. ( amis de la poésie, bonsoir )

Je suis pauvre ( ce n’est pas tout à fait vrai )

mais j’ai besoin d’argent pour vivre. ( jusqu’à ce que quelqu’un me démontre le contraire, et même en lisant l’indispensableManuel de la vie sauvage, je ne me sens pas encore prête à ça, pour de vrai )

Me voilà donc à faire attention à ce que régulièrement, tout de même, un peu d’argent fruit de mes efforts tombe brillamment ( si ce n’est moi, ce sera au moins lui )

dans mon escarcelle virtuelle et cependant capable du pire. ( la banque, de son petit nom, la mienne, en l’occurrence )

Pour ce faire, et après moult péripéties,aujourd’hui, j’ai obtenu une info, une chose à laquelle on ne pense plus et qu’il est pourtant bon de se remémorer :

aujourd’hui, le soleil, comme il se doit, a parcouru le ciel d’est en ouest, je le sais, puisque je l’ai regardé faire, de ma fenêtre,en appelant, appuyant, recomposant, recherchant, attendant, argumentant, photocopiant, scannant, écrivant, appuyant encore, relisant et oh, il est 17h ! tout le monde ferme, tchao et à demain !

ha, et puis, il a fait beau aujourd’hui. Et chaud j’imagine.

Ce n’est pas si grave, puisque demain, le soleil revient, puisque le soleil est toujours à son poste pour un nouveau jour, même si il se couche de plus en plus tôt, dans quelques mois, il fera comme les enfants, il se couchera beaucoup trop tard.

Ce n’est pas si grave non plus parce que j’ai encore de quoi payer une communication téléphonique et de l’essence à mettre dans la voiture pour aller faire valoir ce que de droit.

J’espère seulement que je serais payée avant le retour du solstice d’été. Et qu’un jour, on respectera la parole donnée.

En attendant, dans ma tête, tout le jour, cet air de navigateur solitaire. Ces voix là, qui font qu’on s’en fout. On est des héros, oui ou merde.

rendez vous le 1er octobre, signé qui tu sais.

C’est comme un rendez-vous sentimental et très potentiellement érotisant aussi

avec un vieil ( ah oui, déjà ?! ) amant qu’on avait pas vu depuis très ( oui, oui, déjà ) longtemps.

C’est un matin pluvieux et c’est tant mieux, courir comme une folle sur les pavés glissants c’est grisant.

Et quand soudain, son regard recroise enfin le mien et que oui  ( oh oui ) c’est enfin le moment des retrouvailles

qui cette fois ci encore, nous le savons, ne finiront probablement pas en épousailles.

C’est l’heure du lit, de la couette, le plic plic à la fenêtre et l’odeur du café qui refroidira dans la tasse.

Nous y revoilà, même qu’on nous y reprendra du début à la fin, 12 fois.

Ça n’arrive jamais dans la vraie vie ça.

Et soudain, oui, tout revient, les corps qui bougent tellement bien, les ondulés, les pauses et les pousse-pousses.

Les surprises parfois qui sont bonnes et tout à fait à mon goût. Tellement, tellement.

Tout ce qui fera que oui, encore une fois, on pardonnera son départ, telle la femme de marin, qu’il nous laissera

encore très ( ah oui,  je te le dis, tant que ça ) longtemps.

C’est parce que c’est lui, c’est parce que c’est moi.

Parce que c’est bien le seul à pouvoir bouger son tutu comme ceci pour faire oublier les lourdeurs de la vie comme cela.

Et les peines de cœur des comme ça, ça vaut toujours le coup, crois moi.

Septembre, j’écris ton nom ( et je te jette par la fenêtre. )

Voilà.

Il pleut, tellement fort, depuis tellement longtemps, tellement, tellement rien qu’à voir la tête des chats, dehors, collés à la fenêtre.

Le Petit dort en ronflant sur le coussin d’à côté, le nez qui coule d’une maladie que tout le monde se refile et que je prends soin de récupérer la dernière.

Comme toujours.

Sur le lit, sous la couette, sans plus de lumière que celle du dehors, blanche et mouillée, après une nuit relativement compliquée mais sympathique dans le fond,

J’ouvre cet espace.

Pourquoi pas aujourd’hui et pourquoi pas comme ça. Après tout, oui, pourquoi pas ?

De la tendresse, bordel, plus que de raison. Un petit coin douillet en attendant l’hiver qui ne fait rien qu’à mugir dans nos campagnes.

Un besoin, une envie, une folie.

Ce ne sera pas parfait, mais ce sera nécessaire jusqu’à ce que ça ne le soit plus.

Voilà.