l’art délicat de la communication

L’inertie que nous subissons familialement  de manière obligée ( pour l’instant ) éveille en notre doux foyer certaines tensions presque aussi électriques que les orages cosmiques.

Alors certes, il fait moins chaud depuis quelques jours, presque, il pleut même, de temps en temps. Et le soleil se lève plus tard, et la nuit arrive plus tôt.

Phénomène cyclique qui nous signale que de l’été, bientôt, il ne restera plus que le trognon, et que donc, bientôt aussi, nous ne serons plus les seuls à devoir faire le deuil.

Ceci dit, en attendant ce jour délicieux où nous pleurerons tous en  cœurs, le fait de rester au même endroit durant encore deux mois rogne sur notre moral et sur l’entente cordiale qui d’habitude, entre deux engueulades salvatrices, règne dans notre chaleureux logis.

Qui y met le plus d’entrain, je ne saurai le dire.

Moi, peut être, qui ne supporte plus de ne plus pouvoir rien faire alors que, dans l’idée, il y a à peine 5 mois, le concept m’aurait paru révolutionnaire.

De regarder le tapis se couvrir de miettes de chips, de grains riz ( ? ) de mouches archi decedées ( ?? ) et autres joyeusetés sans pouvoir y mettre fin moi même par un énergique coup d’aspirateur me titille le nerf de l’agacement.

De ne pas pouvoir bondir de mon canapé en frappant dans les main pour proclamer que vu l’état de nerf du petit garçon il est temps de se barrer vissa hors les murs pour aller courir dans les champs ou sauter dans une rivière ou glisser sur un toboggan ou aller visiter un chateau ou, ou.. n’importe quoi qui le rende quelques heures plus tard lessivé mais heureux.

De ne pas pouvoir prendre la voiture, de ne pas pouvoir ne serait ce que faire les courses dans un supermarché me manque cruellement ! ( c’est dire )

De ne pas pouvoir dire très fort que maintenant ça va aller comme ça hein le peintre en bâtiment qui devait nous refaire 3 chambres en 4 jours mais si vous verrez c’est facile et qui y est depuis 2 semaines à coup de 2 heures par ci et trois écaillages imprévus par là, il va rentrer chez lui se reposer et moi je vais le prendre ce pu…ain de pinceau pour nous la passer cette couche abricot sur le mur de la chambre du bébé qui va peut être finir par se pointer là tout de suite maintenant si ça finit par aller bien hein ! hein ! hein !

Parce que, voilà, il y a cette obligation physique à devoir rester faire du gras ( ha bien oui quand même ) dans un périmètre restreint, mais, bien évidement, s’y ajoute une petite difficulté : celle de se la fermer au maximum face à celui qui partage ma vie.

Parce que le monsieur lui, il trouve que la situation est déjà assez stressante comme ça, mais en plus, il est obligé de tout faire à la maison, sans compter la cuisine, et que la ( jolie ) baleine échouée sur le canapé, elle est bien sympa à dire  » faudrait faire ci, faudrait faire ça, là » et  » là, vraiment ce tapis… » et  » et y a pas de légume avec ? » et  » une petite promenade peut etre, pour le petit ? … » et  » bordel mais t’as vu ça s’écaille ! il a peint hier et ça s’écaille ! » et  » j’en ai marrre » et  » j’en peux puuu » et  » ha, une contraction ! » ça va DEUX SECONDES MERCI !

Qu’il a déjà son boulot, ses vacances foirées, sa famille de dingue à gérer. ( et que oui,  il a recommencé à fumer et alors il a plus 12 ans ! )

Voilà. On la sent bien là, la tension ? Celle qui fait qu’au moindre mot de travers , à la moindre remarque un peu sèche, au moindre silence qui dure un peu trop longtemps, ça pète un coup. ( mais de mon côté ça pisse pas moins vu l’état compressée de ma vessie )

Bref. Qui de nous deux, mystère. Il reste la rentrée scolaire de petit garçon ( qui de son côté fait son max pour être le petit garçon le plus cool de la planète ) ( ce que je sens venir nous allons payer cher à la naissance de petit frère, je dis ça, je dis rien ), l’organisation à revoir et à prévoir ( les trajets voitures, avec le boulot de monsieur, hm hm, ) 3 chambres à peindre, une cheminée et une salle de bain à refaire.

Il reste donc un peu plus de deux mois. Si tout va bien. Et des nuits les yeux grands ouverts, avec la célèbre goutte de Mère l’Angoisse qui perle sur mon front.

Celle qui fait qu’entre 4 et 6 heures du matin, on pourrait croire au scenario de l’apocalypse familiale, et aller faire une prière à lourdes sortie des eaux. ( si seulement on pouvait prendre la voiture …. )

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